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19H30

 

STATU QUO, STATUE QUOI ?
BIOGRAPHIE SOCIALE D’UN « FETICHE » VODUN, DE LA COLLECTE COLONIALE À LA NECESSITÉ DE LA RESTITUTION DE L’OBJET ET DES SAVOIRS.

Hypothèse poétique proposée en deux temps (ici, 2/2), par Mihena Maamouri, poète et doctorant en anthropologie, avec Laura Boullic, poète.

« Les objets sont autour de nous comme une société muette et immobile. »

Cette constatation exprimée par Maurice Halbwachs résonne de manière étrange avec les mots à visée ésotérique de Bah Nondichao : « Cette statue parle puisqu’on lui pose des questions ; elle a des qualités divinatoires ».
Comment les objets racontent-ils leur histoire ? À qui parlent-ils ?

À l’appui d’un travail de terrain effectué au Bénin sur le Botchio, objet de culte vodun actuellement exposé au musée d’Aquitaine à Bordeaux, Mihena Maamouri se propose de nous présenter la recherche qu’il mène autour de l’objet, comme nœud de relations sociales et comme révélateur d’une histoire coloniale et esclavagiste.

Conférer à cet objet en exil, issu d’une “collecte” (prise de guerre) coloniale, le statut d’individualité “biographiable” le place inévitablement au croisement d’enjeux mémoriels sur la mise en musée du passé négrier et colonial. Il s’agit de dénouer le fil historiographique de ces enjeux à travers notamment les questions de restitution et d’instrumentalisation d’un passé sensible par une politique mémorielle municipale, officielle.
« Les musées ethnographiques d’aujourd’hui sont des lieux où les étapes successives de ces
réinterprétations se cristallisent et où se prouve que le contrôle de la mobilité est un enjeu
majeur de la domination. »

Le statut et la place des musées, à la fois acquisiteurs et conteurs de l’histoire de ces objets, nous interrogent par ailleurs. Ils contribuent en effet largement au flou lié à la traçabilité des objets tout en s’attribuant le monopole de l’élaboration des discours qui transmettent leurs réalités “successives”.
Nous vous invitons à profiter de ce temps d’échange avec les personnes présentes le 29 mai prochain pour remettre en question les faits, déplacer nos pensées et peut-être même ré-enchanter l’accès à notre esprit critique.

 

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