Doc marge

Ciné Club: « Requiem pour un massacre » de Elem Klimov

- 14.05.2017

DIMANCHE 14 MAI

19H

ENTRÉE LIBRE

 

Séance précédée d’un ou deux court(s)-métrage(s)

Critique de Requiem pour un massacre par Romain Le Vern pour a-voir-a-lire.com :

Requiem pour un massacre appartient à cette catégorie (pas si fréquente) des films qui vous empêchent de prononcer un mot une fois achevés. Quelque part entre Apocalypse Now et L’enfance d’Ivan – en deux fois mieux, ce film bouleversant et méconnu réalisé en 1985 ausculte la barbarie des hommes (le « Hitler » caché en chacun de nous) pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour que l’on ressente ce passage du paradis à l’enfer, de l’innocence à la monstruosité, le cinéaste Elem Klimov adopte le point de vue d’un enfant qui prend trente ans dans la tronche et donne ainsi l’impression de vivre les événements en même temps que lui. L’immense travail sur le son et la mise en scène contribue à accentuer une dimension subjective.
Le film, intégralement tourné en Steady Cam, est né du sentiment de culpabilité du réalisateur qui regrettait de ne pas avoir fait « son » film sur la guerre (enfant natif de Stalingrad, il a connu les bombardements, la traversée de la Volga, l’exode vers l’Oural avec sa famille). Depuis, il ne s’en est pas remis. Ayant foutu toutes ses tripes dans cet assemblement céleste et dérangeant de scènes viscérales, Klimov ne pouvait plus rien offrir au spectateur. Au-delà de la catharsis, il a pourtant signé un grand film de guerre (le meilleur jamais réalisé), sensoriel et âpre, mélancolique et déchirant. Un somptueux cauchemar où la puissance des regards et des cris suffit à remplir le film. A sublimer les principes de mise en scène qui le régissent. Le manquer constitue un crime de cinéphile.