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Ciné Club: « Les Joueurs d’échec » de Satyajit Ray

- 05.02.2017

LES JOUEURS D’ÉCHEC de Satyajit Ray

DIMANCHE 5 FÉVRIER – 19h

ENTRÉE LIBRE

 

Notre première partie d’échecs se déroule en 1856, à Lucknow en Inde.
Alors qu’ils avaient signé un traité d’amitié très avantageux pour eux, les anglais désirent reprendre le contrôle total de la région et prennent le prétexte d’une prétendue mauvaise gestion pour forcer le souverain à se démettre. Pendant ce temps, deux aristocrates oisifs passent leurs journées à jouer aux échecs…

Satyajit Ray (Le Salon de musique, Charulata, la trilogie d’Apu) est probablement le plus grand réalisateur bengali. Avec Les Joueurs d’échecs il signe cependant son unique film en langue hindi et dans une ville musulmane (alors que Satyajit Ray est hindouiste).
A la manière de Shakespeare, le film met en parallèle deux histoires : l’une est plutôt grave et historique, elle montre comment l’Angleterre a fini de faire main basse sur l’Inde par la traitrise ; l’autre est plus légère, montrant comment deux bourgeois ne se soucient que de leur jeu préféré, insensibles à leur environnement, délaissant même leur femme.
Ce parallèle surprenant a pu dérouter les spectateurs (le film fut un échec commercial). L’attitude de ces deux joueurs, sorte de combattants d’opérette (descendants pourtant de vrais combattants), symbolisent l’indifférence générale dans laquelle l’annexion de l’Inde par l’Angleterre s’est déroulée.
Comme a son habitude, Satyajit Ray soigne ses décors, les couleurs sont superbes, ainsi que ses personnages. De façon inhabituelle pour lui, il a réuni un plateau d’acteurs indiens très connus. Face à eux, Richard Attenborough interprète un général décidé à accomplir sa mission coûte que coûte, tout en contraste avec Tom Alter, son aide de camp, le seul anglais qui comprenne la civilisation indienne comme en témoigne les savoureux dialogues avec le général.
Film assez subtil, aux changements de tons surprenants, Les Joueurs d’échecs est un beau film dans lequel il faut se laisser envelopper, l’un des meilleurs de ce grand cinéaste indien.