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Ciné Club: « La couleur de la grenade » de Serguei Paradjanov

- 18.12.2016

LA COULEUR DE LA GRENADE de Serguei Paradjanov

DIMANCHE 18 DÉCEMBRE – 19h

ENTRÉE LIBRE

 

Quoi de mieux pour finir ce cycle fruité que de terminer par le fruit ressemblant le plus à une boule de Noël ? J’ai nommé LA GRENADE. Ce fruit méconnu est d’ailleurs plein de vertus, si l’on se réfère au site palpitant qu’est amélioretasanté.com (http://amelioretasante.com/la-grenade-un-fruit-qui-nettoie-les-arteres/). Mais nous nous égarons.
Plus qu’un fruit, la grenade est une arme composée d’une goupille et… Non. Bref, Paradjanov a fait un film dont le titre orignal arménien « Sayat Nova » ne fait aucunement référence au fruit, mais plutôt au poête Sayat Nova dont on suit la vie en huit tableaux.
Mais Paradjanov prévient d’entrée par un carton :  » Aimable public, ne va pas chercher dans ce film la vie de Sayat-Nova, grand poète arménien du XVIIIe siècle. Nous n’avons que tenté de rendre par les moyens du cinéma l’univers imagé de cette poésie […] ». La Saveur de la grenade est donc avant tout une célébration de la poésie arménienne, et même de toute la culture arménienne. En effet, cette œuvre visuellement stupéfiante demande sept mois de tournage, dont une partie dans le monastère de Haghbat (XIIIème siècle) situé au nord de l’Arménie soviétique. Le budget est pourtant très maigre au regard de l’ambition esthétique du cinéaste, et l’on ne peut qu’être sidéré par la qualité esthétique d’un film tourné sans grands moyens. Il faut dire que Paradjanov est aidé par de nombreux artistes et intellectuels arméniens qui se mobilisent autour du projet. Là où il tourne, les habitants et les commerçants lui apportent leurs biens les plus précieux ou aident au tournage, le musée d’Erevan lui prête des costumes et des objets d’époque et Catholicos Vaskend Ier, le pape de l’Eglise d’Arménie, lui confie les précieux manuscrits du monastère d’Etchmiadzin.
Revendiquant une identité arménienne propre (bien que géorgien, Paradjanov est souvent considéré par l’Arménie comme le cinéaste national), le réalisateur commence notamment son film par trois belles grenades dont le jus s’écoule et vient dessiner une forme qui représente les trois Arménie réunies.
La voilà donc cette grenade, métaphore poétique de l’Arménie, rouge comme le sang et les plus beaux drapés d’une culture méconnue du Caucase.

Ce film culte et court (1h15) a vu Nicolas Jaar réaliser un album (Pomegranates, 2015) pour en accompagner les images. Cet album sera diffusé alors que le film sera rejoué une seconde fois, et nous vous inviterons à l’apprécier autour d’un verre et célébrer ainsi une fin d’année chargée cinématographiquement en votre compagnie.